Grosse affluence aux manifestations lycéennes d’Aurillac

Grosse affluence aux manifestations lycéennes d’Aurillac

Jusqu’à 700 personnes ont battu le pavé au plus fort des mobilisations de lycéens en octobre dans la capitale du Cantal. Élèves et enseignants décrivent des classes surchargées et des bâtiments qui sont des passoires thermiques.

A Aurillac, les manifestations lycéennes ont eu lieu tout au long du mois d’octobre. Samedi 10, le plus gros des manifestants venait du lycée Monnet-Mermoz, qu’ils avaient bloqué le matin avec des poubelles. Puis ils se sont dirigés vers le lycée Emile Duclaux, où le chef d’établissement a fermé le lycée jusqu’à la fin des cours et où une partie des lycéens a rejoint la manifestation venant de Mermoz. Depuis le lycée Emile Duclaux, les élèves sont ensuite partis en direction du lycée technique. 

Ces manifestations étaient toujours encadrées par des adultes, dont des militants des syndicats CGT et FSU, ainsi que de la France insoumise (FI). Les jeunes raffolent des autocollants FI et ils se les arrachent. Il y a eu d’autres rassemblements contre la vie chère, non déclarés, mais tout s’est toujours bien passé. Au plus fort du mouvement, il y avait jusqu’à 700 personnes ! A Mauriac, il y a eu aussi une petite manifestation de 50 personnes où tout s’est bien passé.

Comme ailleurs en France, les lycéens aurillacois se mobilisaient pour que des moyens suffisants soient enfin accordés à l’éducation nationale et lui permettent d’assurer correctement ses missions. Rencontrée avec une bande de copines à elle, Mylène, élève de terminale, indique le fait « que des classes sont surchargées, que les profs ne sont pas toujours remplacés quand ils sont absents ». « Les locaux ne sont pas adaptés. Quand il y a eu la canicule cet été, on a eu très chaud et c’était très compliqué de se concentrer, poursuit l’adolescente. Il y a aussi Parcoursup qui est à mon avis trop complexe. »

Dans un appel à la mobilisation lancé le 5 octobre, l’intersyndicale du lycée Monnet-Mermoz déplorait elle aussi les sureffectifs au sein de l’établissement : « 35 élèves par classe, c’est invivable ! » « Oui, personnels et élèves souffrent quand les locaux sont des passoires thermiques (30° en mai, juin, septembre, et parfois moins de 10° l’hiver), quand des dortoirs, salles, sanitaires sont en mauvais état ou en nombre insuffisant », déplorent les syndicats, qui pointent également le non remplacement des profs absents et « l’état de délabrement de la médecine scolaire ».

Entré en fonction cet été à Aurillac, Laurent Damarin, le nouveau directeur de la direction départementale de la police nationale (DDPN) du Cantal a déploré dans les colonnes de la presse locale « une certaine hostilité envers la police, lors des diverses manifestations par exemple », évoquant notamment « de nombreux slogans ACAB » (acronyme de « all cops are bastards », « tous les flics sont des bâtards »).

Samedi 31, alors qu’il y avait un rassemblement de 150 personnes, les jeunes ont repéré qu’un binôme de policiers les prenait en photo. Ils leur ont demandé pourquoi ils prenaient ces clichés. En fait, les photographes étaient une policière et le nouveau directeur départemental. Le ton est monté, et, selon des témoins sur place, le directeur aurait repoussé avec des termes peu civils une adulte voulant s’interposer et calmer les esprits. Manque de diplomatie ? Volonté d’envenimer le bon déroulement des choses ?

Pendant les vacances de la Toussaint, les jeunes ont participé à des réunions, mais, jeudi 5 novembre, ils seront à la manifestation syndicale unitaire.

Jean-Louis Leleu

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