L’intersyndicale du Puy-de-Dôme prévoit une affluence sans précédent depuis plusieurs années à la manifestation pour le pouvoir d’achat et la justice sociale qui aura lieu ce jeudi dans toute la France. A Clermont-Ferrand, rendez-vous à 10h place du 1er mai.
Pour la quatrième journée de manifestation contre la vie chère et pour la justice sociale, ce jeudi 5 novembre, les syndicats anticipent une mobilisation de grande ampleur dans le Puy-de-Dôme. « D’après les retours que nous avons de nos bases, ce sera une mobilisation comme on n’en a pas vu depuis des années, peut-être même supérieure à celles contre la réforme de la retraite », a déclaré lundi Dominique Holle, délégué syndical de la CGT-63, lors d’une rencontre de l’intersyndicale puy-domoise avec la presse.
« La mobilisation va être forte dans la fonction publique territoriale, dans l’éducation nationale, et aussi dans la santé, même s’ils sont obligés de travailler avec des effectifs extrêmement tendus », a précisé le cégétiste.
Pour cette journée d’action, sept syndicats ont décidé de faire front commun face au gouvernement : la CGT, Solidaires, FO, la CFDT, la FSU, l’UNSA et même la centrale des cadres, la CFE-CGC. « En général, notre fédération a tendance à faire preuve de modération. Mais aujourd’hui, nous appelons à la grève, affirme Richard Delemard, président de la CFE-CGC du Puy-de-Dôme. Notre pays est malade. Il faut absolument qu’il y ait une prise de conscience, que les pouvoirs publics se rendent compte de la colère des gens. »
« Il y a un réel mouvement unitaire en train de se construire »
L’intersyndicale réclame une augmentation des salaires, du point d’indice, des pensions et de minima sociaux, des mesures de protection immédiates face à l’inflation, l’abrogation de la réforme des retraites, un budget à la hauteur des besoins des services publics et des enjeux sociaux et environnementaux, ainsi que des mesures fiscales pour taxer les plus riches.
Elle appelle à la grève et à la manifestation jeudi, puis à décider des suites à donner à cette journée dans l’unité sur les différents lieux de travail. « On appelle les travailleurs à étendre le mouvement, à organiser des réunions sur les lieux de travail, indique Nicolas Dumoulin, de Solidaires. Peut-être pas vendredi, mais dès la semaine prochaine, il y aura des mouvements de suivi dans différents secteurs sur les lieux de production. »
Le syndicaliste salue la « mobilisation exceptionnelle des lycéens », participant par centaines aux assemblées générales à Clermont-Ferrand, et « l’entente, la compréhension mutuelle avec les étudiants qui démontre qu’il y a un réel mouvement unitaire en train de se construire ».
« Salariés, agents publics, lycéens, retraités : toutes ces luttes trouvent un contexte commun. On est dans une crise systémique », renchérit Pierre Vallejo, du syndicat de la fonction publique UNSA, qui dénonce la « grande erreur d’Emmanuel Macron » consistant à avoir « tout fait pour étouffer les corps intermédiaires qui pouvaient éviter en amont les crises qui surviennent aujourd’hui ».
« Les efforts ne sont pas partagés »
Mais le gouvernement n’est pas seul en cause, souligne Richard Delemard. « Les organisations patronales n’assument pas leurs responsabilités au niveau des augmentations de salaires et cautionnent les pratiques des entreprises qui font passer le versement des dividendes avant les augmentations, alors même qu’elles bénéficient d’aides de l’Etat », pointe le responsable CFE-CGC.
« La violence sociale augmente dans une société qui prône la consommation face à des gens qui veulent juste se nourrir. Par contre certains profitent bien. Les efforts ne sont pas partagés », commente Pierre Vallejo, appelant à un « changement de cap » de la part du gouvernement et rappelant que, « en 1848, le printemps des peuples est parti de la France avant de se répandre dans toute l’Europe ».
Le cortège partira jeudi à 10h de la place du 1er mai. Son itinéraire n’était pas encore entériné au moment de la rédaction de cet article.
Nicolas Cheviron
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